Au moment où
la Tunisie s’apprête à accueillir en novembre 2005 le Sommet mondial
sur la société de l’information, une conférence parrainée par les
Nations Unies, qui vise à réglementer l’Internet et à étendre ses
avantages aux pays en développement, certains membres de l’IFEX
s’inquiètent que les autorités tunisiennes ne ternissent l’image du
sommet en faisant s’abattre la répression contre les critiques du
gouvernement.
Selon le Groupe d’observation de la Tunisie organisé par l’IFEX,
coalition de 14 groupes de défense de la libre _expression qui
appartiennent à l’IFEX, le gouvernement envisage d’interdire au
Syndicat indépendant des journalistes de Tunisie (SJT) de tenir son
premier congrès le 7 septembre 2005.
Le 24 août, le Président du SJT, Lotfi Hajji, a été détenu à Tunis
et interrogé pendant quatre heures par des agents de sécurité. On
lui a dit que le gouvernement empêcherait le SJT de tenir son
congrès et que le groupe ne pourrait pas organiser non plus la même
semaine un séminaire qui aurait rassemblé des journalistes d’Afrique
du Nord pour discuter de syndicalisme. Hajji n’a pas été informé des
motifs juridiques sur lesquels s’appuie la décision d’interdire le
congrès.
Tandis que le gouvernement tunisien fait valoir que le SJT est une
organisation illégale, Hajji souligne que « la base légale et
légitime des activités du Syndicat [se situe] dans le cadre de la
Constitution du pays ».
Le TMG s’est joint à d’autres membres de l’IFEX, dont le Comité pour
la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF),
pour demander la fin du harcèlement du SJT et de ses membres.
RSF fait remarquer qu’aux termes de l’article 8 de la Constitution
tunisienne, « la liberté d’adhérer à un syndicat est garantie ». La
loi tunisienne de 1966 sur le travail reconnaît également l’entière
liberté syndicale. Selon cette loi, les autorités n’ont qu’à être
avisées de la création d’un syndicat. Leur consentement n’est pas
requis. Les autorités ont été avisées lorsque le SJT a créé en mai
2004 un comité de fondation composé de 150 journalistes, dit RSF.
Les autorités tunisiennes ont détenu Hajji à trois autres
occasions auparavant cette année, notamment en mai, lorsque des
agents ont confisqué ses livres à l’aéroport de Tunis et ont menacé
de le poursuivre devant les tribunaux après avoir appris qu’il
s’apprêtait à publier un reportage critiquant le gouvernement de
restreindre la liberté de la presse. Le SJT a été fondé par des
journalistes tunisiensindépendants frustrés par le piètre dossier du
pays en matière de liberté de la presse et par l’échec des
associations de presse existantes, incapables de se tenir debout et
de dénoncer le harcèlement des médias.