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TERRITOIRES PALESTINIENS « Une décision illusoire et inadmissible » |
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Mis en ligne le 28 avril 2006 Suite aux élections législatives de janvier 2006 qui ont porté le Hamas au pouvoir, les Etats-Unis, le Canada, l'Union européenne et le Japon ont décidé de suspendre leur aide financière bilatérale à l'Autorité palestinienne, tout en proposant de redistribuer une partie de ces fonds aux Nations unies et autres organismes de secours internationaux intervenant dans les Territoires palestiniens. MSF estime que cette proposition est inadmissible. Giuseppe Scollo, responsable des programmes de MSF pour les Territoires palestiniens, explique pourquoi. » POURQUOI MSF A-T-ELLE PRIS POSITION CONTRE CETTE DÉCISION ?
Nous
nous sommes positionnés publiquement contre cette décision qui
intègre les humanitaires comme les palliatifs des graves
conséquences qu'elle aura sur la population palestinienne
(voir notre communiqué de
presse). Nous considérons
que la décision de stopper toute aide directe à l'Autorité
palestinienne et d'en déléguer une partie aux organisations
internationales et aux ONG, pour en quelque sorte "limiter les
dégâts", est inacceptable. Elle
est d'une hypocrisie totale, illusoire sur le plan de la pratique et
inadmissible sur le plan des principes. Car il serait utopique et
même faux de croire que des organisations humanitaires aux
compétences très spécifiques, y compris les agences des Nations
unies, pourraient avoir la capacité, la légitimité ou les moyens
d'endosser la charge administrative de tout un pays.
C'est notamment vrai pour la gestion administrative : assurer les
services sociaux, administrer les ministères et le système de santé
public, payer les salaires des fonctionnaires... » MSF PARLE DE "CONFUSION DES GENRES ET DES RÔLES", QU'EST-CE QUE CELA SIGNIFIE ?
Ce
n'est pas la première fois que des décideurs politiques, des Etats,
nous demandent de jouer un rôle d'auxiliaire social. Cela a déjà été
le cas, sous des formes différentes, en Irak ou en Afghanistan où
les forces de la coalition instrumentalisent l'action humanitaire,
pour justifier des opérations militaires, gagner l'adhésion de
populations,etc.
Cette confusion des genres nuit à l'efficacité des actions de
secours en ce qu'elle choisit les supposées bonnes et mauvaises
victimes et peut avoir de graves conséquences, en ce qu'elle
assimile les humanitaires à un camp ou à un autre.
Elle nous expose et nous désigne
potentiellement comme des cibles. Cela a sans doute contribué à
l'assassinat nos cinq collègues en Afghanistan en juin 2004. » LES EFFETS DE LA DÉCISION DES ETATS-UNIS, DU CANADA, DE L'UNION EUROPÉENNE ET DU JAPON SE FONT-ILS DÉJÀ SENTIR DANS LES TERRITOIRES OCCUPÉS ?
Pour
ce qui est des effets directs de la suspension de l'aide bilatérale,
notamment sur le système de santé, il faudra attendre quelque temps
avant de pouvoir les évaluer précisément. Mais ce qu'il y a de sûr,
c'est qu'elle s'ajoute à une situation déjà extrêmement critique et
qu'elle va aggraver les privations subies par les Palestiniens.
Dans la bande de
Gaza, près de la moitié des 1,4 million d'habitants vit déjà sous le
seuil de pauvreté et le taux de chômage avoisine les 70%. Avec 500
millions d'euros d'aide versés annuellement, l'Union européenne est
le principal soutien financier du premier employeur local, à savoir
l'Autorité palestinienne. Les 140.000
fonctionnaires - qui, selon la Banque Mondiale, font vivre près de
23% de la population - n'ont pas
été payés depuis le mois de mars. » QUE FAIT MSF DANS LES TERRITOIRES OCCUPÉS ? POURQUOI NE PAS AUSSI TRAVAILLER EN ISRAËL ?
MSF
a commencé à travailler dans les Territoires palestiniens en 1989,
dans une phase aiguë du conflit, afin de venir en soutien au système
de santé. Au départ, notre intervention était basée sur des
programmes médicaux d'urgence. Nous avons depuis adapté, à plusieurs
reprises, nos activités en fonction de l'offre de soins des
structures sanitaires locales. |