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L'ISLAM ENTRE KEYNEZ ET MARX ET LES DROITS DE L'HOMME DANS L'ISLAM |
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Dr Naïmé SCHUMANN |
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Cette étude n'est pas destinée à exposer les thèses avancées par le marxisme et le capitalisme, en fonction de leurs propres philosophies. Elle vise surtout à peser leur apport à la société humaine et la part de leur contribution à son bonheur et à sa prospérité, à la justice et à la sécurité. Les réalisations de ces deux écoles seront opposées à celles de l'empire islamique qui a pu, malgré l'immensité de sa superficie et même au plus bas de son déclin, éviter la faim, le chômage et la pauvreté qui sévissent de nos jours à quelques mètres même de la Maison Blanche. Le cas du Yémen semble bien expressif. Il fut proclamé durant le règne islamique le "Yémen heureux" pour être parvenu à subvenir aux besoins de chaque personne de ses habitants, et à leur procurer tous les moyens de bonheur et de prospérité. Ce ne fut certes pas un cas particulier. Nombreuses cités islamiques dont "Al Kouffah" restituaient au calife Omar Ibn Abel Aziz les assistances destinées aux plus démunis qui étaient endroit d'encaisser "Al Zakkat", pour l'unique raison qu'il n'y en avait plus (alors qu'actuellement les trois quart de la population mondiale en ont réellement besoin.). Le deuxième calife de l'Islam, Omar Ibn El Khatab soucieux de prendre en charge les plus pauvres à tel point qu'il se considérait même responsable du bétail qui a faim où il se trouve, ne peut être assimilé à certains dirigeants contemporains qui ne se sentent en aucun cas concernés par les millions d'individus qui meurent de faim, de maladies et de souffrance. En réalité, cette divergence remonte à la place accordée à l'Homme et à son rôle au sein de processus de production, et à la conception politique, économique et sociale appartenant aux trois régimes. Selon la thèse capitaliste : l'Homme n'est qu'un instrument parmi d'autres asservi en faveur de la production et du bénéfice, au lieu d'être une finalité de celle-ci. Sa place se situe parmi les différentes forces (naturelles, matérielles et financières) qui contribuent à la production. Il n'en constitue hélas que le maillon le plus faible, rémunéré en fonction de sa participation de façon à ce qu'il puisse poursuivre le travail, pas davantage. Au sein du marxisme : le rôle de l'Homme est de servir le système (régime) et vise à faire parvenir les moyens de production, même de façon artificielle, à la phase convoitée par le matérialisme historique élaboré comme justification au système. C'est ainsi que le travailleur a le droit théoriquement d'obtenir de la production l'équivalent de ce qu'il lui a procuré par sa force de travail, comme nouvelle valeur d'échange. Là aussi, il est assimilé aux autres moyens de production. De point de vue pratique, sa part effective est nettement inférieure de celle accordée aux travailleurs des pays capitalistes. Ce sont les dirigeants qui ont encaissé la valeur et la plus value. Raison pour laquelle il n'y a pas de grande différence entre ces deux régimes. Dans le premier, c'est le capital qui désigne les hommes au pouvoir qui empoche avec eux leur part des bénéfices réalisés au détriment du travail et des travailleurs. Dans le second, ce sont les dirigeants qui s'approprient le capital et les moyens de production pour s'enrichir eux aussi au détriment du travail et des travailleurs. En Islam : l'Homme travailleur représente l'objectif final de processus de production et non son instrument. Tous les moyens matériels lui sont assujettis et fonctionnent en sa faveur. Il est le seul à détenir le droit à la production tandis que les moyens matériels et financiers sont récompensés par lui. Les conséquences obtenues par les différentes parties de ces deux écoles économiques qui ont englobé le monde pendant plus d'un demi siècle, nous amènent à douter que les solutions qu'elles préconisaient visaient réellement à faire respecter les droits de l'Homme, comme elles le prétendaient. En effet, toutes ces solutions n'ont fait qu'aggraver les problèmes réels et qu'en recréer de nouveaux qui privèrent les populations du droit à la vie aussi bien dans leurs parties que dans le monde entier. A la suite de cet aperçu, une question s'impose et concerne autant le régime marxiste que le régime capitaliste Sont-ils parvenus à résoudre leurs propres problèmes avant de se prétendre comme l'unique remède aux maux du monde entier ? Les principales conceptions de ces régimes Le matérialisme historique qualifié de science dans le régime marxiste interprète les diverses situations politique, historique et culturelle des nations par l'unique théorie de l'évolution des moyens de production. Or l'histoire témoigne du fait que les sociétés antérieures détenaient des moyens de production presque semblables et divergeaient pourtant les unes des autres dans leur niveau scientifique, intellectuel et culturel. La différence est très grande entre l'obscurantisme dans lequel se trouvaient les sociétés européennes du Moyen-âge et l'épanouissement culturel, scientifique des sociétés musulmanes d'Andalousie, d'Irak, du Yémen et de l'Egypte durant la même époque. Il faudrait de même rappeler que ces moyens de production ont subi une mutation forcée (artificielle) après la révolution bolchévique afin qu'ils atteignent le stade voulu par l'idéologie marxiste et estimé indispensable au déclenchement d'une révolution ouvrière. La Russie se situait alors, à l'échelle industrielle, dans l'arrière plan des pays européens. En revanche, la France, la Grande Bretagne et l'Allemagne qui connaissant un développement industriel culminant ne semblaient pas pour autant procéder à la mutation idéologique inévitable forgée par le matérialisme historique. Or, en abolissant les classes sociales présumées consacrer l'injustice et le despotisme afin d'instaurer une classe plus juste et plus clémente, en ravissant les moyens de production à une classe qui produisait, embauchait la population et alimentait le budget de l'Etat, pour les confier à une classe tierce qui manque de compétences indispensables à l'administration du processus de production, on n'est pas parvenu à mettre fin aux classes sociales mais à en créer de nouvelles, d'un autre genre. Les prérogatives, les possibilités et les attributions mises au service de cette nouvelle classe dépassent de loin celles qui furent à la portée des classes les plus injustes cernées tout au long de l'histoire. Le régime lui a promis de jouir à elle seule de tout l'apport procuré par la propriété collective des moyens de production et d'exploiter toutes les opportunités dont profitaient les capitalistes. Elle a ainsi dérobé la plus-value de la production sans que personne ne la dénonce ou ne la critique, faute de liberté d'expression. Ceci expliquerait l'immense clivage entre les fortunes amassées par cette élite d'une part, et l'état de privation et de pénuries des produits alimentaires essentiels, dont souffraient la majeure partie de la population de l'autre. La crise économique insurmontable qui aboutira à la chute et au démantèlement de ce régime au début des années 90 en constituera finalement le coup fatal. Tout ceci nous rend très sceptique quant aux problèmes supposés tels par ce régime et aux solutions qui ont été opérées. Visaient-elles réellement à délivrer les populations de l'oppression tsariste et à leur garantir leurs droits à la justice et à la sécurité ? Seraient-elles par leur internationalisation valable pour résoudre les problèmes des peuples du monde entier qui n'avaient rien à voir ni avec le tsar, ni avec le matérialisme historique et sa conception des moyens de production ? Parallèlement l'on ne peut omettre que les dirigeants de l'expérience marxiste qui voulaient créer sur terre le paradis communiste promis au lieu du paradis divin céleste, avaient persécuté les véritables leaders de la révolution et ses meilleurs penseurs et les avaient assassinés à la veille même de la victoire de la révolution. L'on ne peut passer sous silence les campagnes d'épuration qui ont succédé et qui ont provoqué la liquidation en 1939 de deux millions des membres du parti communiste qui en comptait en tout deux millions et demi, en plus de celle de certains ministres et officiers militaires. Sans oublier non plus qu'ils ont confisqué aux paysans leurs moyens de production (1928-1930) par sous-estimation de l'agriculture bannie comme signe de sous-développement et qu'ils y avaient procédé par des moyens honteux en exterminant plus de cent mille personnes suivant les rapports communistes eux-mêmes. Extermination qui fut par la suite suivie d'une famine qui a ravagé plus de six millions de victimes selon les aveux du gouvernement (1932). Evidemment, 70 ans après son instauration, la chute de ce régime devenait fatale, les Etats unis ayant concouru à sa précipitation en usant de l'arme alimentaire qui s'avérait être dans un pays basé essentiellement sur l'industrie lourde, plus efficace que le nucléaire. Cette chute prônée par ses nouveaux dirigeants a permis à ces derniers de s'introniser à la tête d'un régime, qui se prétend libre et démocratique sans qu'une seule voix se soit soulevée contre. En revanche, le marxisme a été plus profitable aux pays libéraux qui étaient contraints par crainte d'une contagion communiste, d'acquiescer les revendications de leurs travailleurs. Avec la chute du communisme, toute révolution ouvrière paraît désormais impossible, ce qui permet aux forces qui détiennent les différents secteurs de production capitaliste d'agir à leur guise et de s'affranchir progressivement de leurs engagements à l'égard de leurs travailleurs. Depuis, on a commencé à leur confisquer les garanties sociales qui leur ont été concédées : licenciements arbitraires et technicisation des entreprises vont de pair et visent à réduire le rôle de ces travailleurs. En Russie, les dernières nouvelles tragiques font état "d'ouvriers sans salaires" de "retraités sans retraite", "d'officiers sans rémunération" et de "chômeurs plus nombreux que les actifs". Criminalité et conflits raciaux, nationaux, religieux et autre sévissent dans l'ex-Union soviétique. Sous le joug écrasant de la mondialisation, c'est la classe ouvrière qui souffre le plus car les conflits se sont tournés contre elle. En répondant à une question qui lui a été adressée en 1995 à San Francisco :"Est-ce que le monde se transformera en un grand Brésil, c'est-à-dire en des états où règne l'injustice, et dont certains quartiers fermés seront réservés aux élites fortunés ?" Michaêl Gorbatchev avait alors déclaré :"A travers cette question vous posez un problème crucial. Il est vrai que la Russie sera semblable au Brésil." En réalité, c'est un monde tout entier qui deviendra un grand Brésil. Mais sans pour autant convenir que les barbelés, les appareils électroniques et les caméras pourront protéger jour et nuit et à jamais cette minorité de nouveaux fortunés de la marée montante des affamés usurpés de leur droit. La révolution des opprimés finira un jour par éclater et sera sans doute impitoyable. Quant au régime libéral (presque sans limite) représenté par les USA qui ont exploité à fond leur conflit avec l'ex Union Soviétique dans le but de mondialiser son système, il a exposé des problèmes et des solutions avec plus d'hypocrisie et d'intelligence. A savoir que les USA ont su profiter des deux guerres mondiales … En offrant aux belligérants les armes;, les produits alimentaires et les espions sans participer (en apparence) à la guerre, ils sont sortis vainqueurs en terme stratégique, économique, militaire et financier, tandis que les pays belligérants en étaient sortis exténués à tous les niveaux. Ils ont alors entamé leur "aide humanitaire" en commençant d'abord par leur plan "Marshall" qui préconisait une assistance financière à l'Europe pour reconstruire ce que les guerres avaient détruit. Ce plan aboutira particulièrement à imposer la domination des grandes sociétés américaines et la création de leurs filiales européennes subordonnées aux premières. D'un autre côté, les américains ont œuvré dans les pays du tiers-monde pour les libérer selon leurs dires, du colonialisme politique européen, alors qu'en réalité, ils s'emparaient de leurs marchés et instauraient par là un colonialisme économique social, culturel, scientifique et financier et ce au nom du développement et de la prospérité ou en feignant sournoisement combattre la pauvreté. Ces pays ont dû subir pendant un demi siècle un ballottement entre les deux pôles, libéral et marxiste, accompagné à chaque fois de bouleversements des structures économiques, sociales, politique, scientifique et culturelle qui s'opéraient à chaque changement de pouvoir, provoquant par la suite une forte crise d'identité chez les populations concernées qui ne savaient à qui se vouer. La liberté absolue: Ainsi, les principes prônés par le régime libéral imposés au monde pour remédier à ces problèmes et les conséquences qui en découlèrent permettent d'en déduire qu'il prêche la notion d'une liberté presque absolue qui surestime l'intérêt individuel affranchi de toute censure, de toute directive servant les intérêts de la collectivité. Elle y est considérée comme étant la force la plus motivante pour l'accélération de la production et l'accroissement des richesses sociales et donc l'unique garantie à la dignité humaine. Les résultats obtenus par la mise en pratique de ces principes de liberté absolue ont fait état d'un affranchissement de l'individu de toutes les valeurs sociales, morales, religieuses, culturelles et humaines. Seules les valeurs matérielles y sont retenues. Elles présument que tout Homme sur terre représente un spécimen économique, matériel, individuel et cupide à l'instar de l'Homme américain guidé par un seul objectif dans la vie : le profit matériel. Ces critères seraient surtout conformes à la nature de la société européenne qui a conquis le continent américain et décimé ses populations autochtones avec une barbarie matériellement incrustée dans son patrimoine intellectuel et spirituel et émanant de ses normes morales qui prônent une tyrannie empreinte d'une conception cynique de l'Homme; les sionistes sont aussi imprégnés de ces principes tyranniques : le massacre du peuple palestinien et son expulsion en représentent hélas une preuve flagrante. Or, grâce au colonialisme et au lavage des cerveaux exercé sur les différentes populations au nom du développement chanté, ces normes se sont généralisées partout dans le monde. Les lois préconisées par les premiers pionniers des classiques et les néo-classiques et accordant au travailleur la part de la production qui lui permet de satisfaire ses besoins alimentaires nécessaires à la préservation de ses forces indispensables au travail sont actuellement appliquées sur les quatre cinquième de la classe ouvrière dans le monde qui arrive à peine à se suffire. Et s'étaient même imposées dans les ex-pays socialistes qui revendiquaient pourtant avant leur chute une part plus importante de la production pour l'ouvrier (la plus-value). La propriété privée sans limites: (Privatiser est égale à nationaliser) Au sein du néo-libéralisme sacralisé en cette fin du millénaire, évoquer la nécessité de concorder entre les intérêts individuels et l'intérêt général est pris à la dérision. La libre compétitivité affranchie de toute réglementation n'a pas abouti en réalité à satisfaire les besoins humains à des prix moindres. Elle a en revanche réduit le coût de la production au détriment des salaires des travailleurs. Aux Etats Unis, proclamés actuellement, pays le plus productif et le plus riche de la planète, les salaires y sont les plus dérisoires et les droits des travailleurs les plus usurpés : les licenciements arbitraires sont effectués avec facilité, sans aucune garantie. La société américaine comprend en son sein un tiers-monde appauvri estimé à 10 millions. Sous le jeu de la mondialisation qui leur permet d'exploiter les richesses du globe, les USA n'ont jamais fait profiter tous leurs citoyens des richesses qu'ils détiennent. Le problème en est que ces dernières sont concentrées dans les mains d'un cinquième de la population seulement. Même au sein de cette catégorie, les revenus sont distribués inégalement. 1% des plus fortunés (un demi million d'américains à peu près) détiennent le tiers des richesses, la plupart des PDG touchent des salaires qui ont augmenté de 250% en sept ans. En revanche, le pouvoir d'achat des autres catégories sociales y a diminué de 11 à 25%. Les salaires exorbitants sont offerts à ces PDG pour les efforts qu'ils ont déployés afin de réduire le coût de la production, réduction réalisée sur les salaires des employés, ont environ un million ont été licencié (mars2001) Lester Tharo décrit cette situation en disant :"L'on peut prétendre que les capitalistes aux USA ont déclaré la guerre contre leurs ouvriers et qu'ils l'ont gagnée". En vérité, une véritable contre révolution se déclenche contre les ouvriers dans le monde entier sans que ces derniers ne puissent eux-mêmes s'insurger. La liberté pour qui? En ce qui concerne le lien entre la liberté absolue de développer la production et la satisfaction des besoins des populations, l'on peut se demander quels sont les projets qui ont été réalisés alors que règnent le cynisme humain et moral, et les différentes manifestations de la concupiscence et de la convoitise. Nous ne percevons hélas que des cartellisations qui menacent et détruisent les petites et moyennes entreprises et empêchent l'honnête concurrence par la monopolisation. La croissance de la production accompagnée d'une réduction des prix n'a pas réussi à satisfaire les besoins de tous les populations mais à réduire le pouvoir d'achat des classes de travailleurs au plus bas, ce qui a amené ces derniers à exercer plusieurs activités afin de couvrir les dépenses de leur famille, les privant de la sorte du droit au repos et aux relations familiales épanouies. Le respect pour qui? Le pire est de considérer cette liberté absolue comme l'unique valeur de la dignité humaine. Là aussi nous pouvons nous demander qui profite de cette liberté, de cette dignité. Il s'avère que ce droit s'est restreint chez une très petite minorité d'américains sionistes, ainsi que leurs adeptes et partisans dans le monde dont entre autre les mafias des spéculateurs, des kidnappeurs d'enfants de toutes parts, des commerçants de sang contaminé, les commerçants d'armements et de sexe sans oublier les déclencheurs de guerres et de conflits et les trafiquants de drogues. Ces derniers contrôlent une grande partie des richesses et manipulent le destin des peuples à leur guise. Ce sont eux qui sont qualifiés de dignitaires et jouissent du droit à la vie respectable, se prétendant défenseurs des droits des hommes, alors qu'ils mènent contre eux des guerres de toutes sortes, à outrance, à droite comme à gauche, Sud comme Nord. L'un des paradoxes les plus caractéristiques de ce système est qu'il met l'accent sur l'augmentation de la consommation pour accélérer la production, au moment même où il appauvrit les consommateurs et accumule les marchandises dans les entrepôts, comme si la production devenait une fin en soi .Jusqu'à quand ce régime pourra-t-il survivre ? Il est à craindre que l'extrémisme outrancier ait atteint fort le risque de l'auto-destruction. Il porte en lui-même les causes de sa chute. Déjà, plusieurs signes en manifestent la précarité. Abandonnant les domaines productifs à cause de la récession, des milliards de dollars se sont investis dans la spéculation, pour obtenir davantage de bénéfices, provoquant par conséquent le crash financier en 1982, puis en 1997. De nombreux états en sont endommagés : les tigres asiatiques, le miracle japonais, les pays ex-socialistes récemment émancipés, plusieurs pays d'Amérique Latine et autres. D'autres effondrements sont prévus pour les débuts du siècle prochain et attendraient les USA et l'Europe qui ont pu jusqu'alors le retarder par le biais des guerres déclenchées et dont le dénouement favorise leur relance économique grâce aux travaux de reconstructions qu'il nécessite et à l'approvisionnement en armements qui leur est confié. En attendant, il faudrait préparer une alternative adéquate. L'on ne peut prétendre qu'il en existe une seule qui convienne à tous, sinon on commettrait les mêmes erreurs de ces deux idéologies. Chaque peuple, chaque civilisation peut avoir la sienne. Quoique l'Islam propose des remèdes qui ont prouvé leur efficacité pendant des siècles. Grâce à sa provenance divine, il permet de rétablir cet équilibre actuellement en perte entre l'intérêt individuel et celui de la collectivité, entre la propriété privée et publique, tout en prenant en considération les différentes classes sociales des plus démunis au plus fortunés, à condition bien sûr de le laisser régner en terre d'Islam d'abord puisque les deux systèmes y ont déjà rendu l'Islam impraticable. L'Islam propose une révolution qui diffère catégoriquement des deux régimes précédents. Les penseurs occidentaux ou occidentalisés (arabes ou musulmans) considèrent l'Islam comme étant uniquement une religion à caractère spirituel, une croyance ou un dogme qui régit la relation entre Dieu et le sujet. Ils n'ont pu percevoir qu'il préconise une méthode de vie différente qui opère des mutations sociales et économiques au niveau de l'humanité. Ils ne sont hélas pas parvenus à comprendre qu'il s'agit d'une réelle révolution qui relie la vie à la foi et rattache la dimension spirituelle aux thèses économiques et sociales qu'il suggère, car comme le cite le verset coranique : "Quant à l'incrédule, qu'il sache que Dieu n'a nul besoin des mondes." (Omrane, 97). "Nous t'avons envoyé comme une miséricorde pour les mondes" (Les Prophètes, 107). Tout en affranchissant l'Homme de toute forme de soumission et d'adoration à quiconque d'autre que Dieu, l'Islam prohibe toute forme de possession des ressources naturelles. L'Iman Ali disait :"Les sujets sont uniquement soumis à Dieu et les richesses n'appartiennent qu'à lui." Raison pour laquelle le prophète de l'Islam a lutté, à l'instar des autres messagers divins contre les différentes formes d'injustice, de soumissions et exploitation. Tout en agissant sur l'individu afin qu'il s'émancipe intérieurement de la soumission à l'égard des autres en concernant son appartenance envers Dieu unique, ces prophètes ont combattu pour délivrer la terre et ses ressources de ses exploitants aussi bien internes qu'externes. Au moment même où l'Islam a libéré l'homme de son exploitation externe il l'a émancipé intérieurement de toutes sortes de convoitise qui peut nuire à l'autre. Et cela par le changement de la conception de la vie chez lui. Comme nous l'avons évoqué précédemment l'Islam diffère catégoriquement des deux idéologies venues de l'Est et de l'Ouest. La révolution n'y est pas fondée sur la substitution du féodalisme par le capitalisme ou de la bourgeoisie par la classe ouvrière. Il ne suffit pas de changer les auteurs de l'exploitation mais de la décennie de ses sources profondes situées à l'intérieur de l'Homme. "L'âme est instigatrice du mal". Le combat des messagers divins contre l'oppression et l'exploitation n'a rien de commun avec la lutte des classes. C'est un combat à caractère global, et dont le but est d'émanciper tout être quelque soit la catégorie sociale à laquelle il s'affile. Tous les riches ne sont pas que des opportunistes injustes et tous les pauvres travailleurs ne sont pas que des anges. L'Islam œuvre pour que tous les hommes soient bienfaisants, en motivant leur conscience, même les plus maléfiques, pour le bien et la bonne action et en orientant les capacités créatrices vers l'intérêt de la société et son bonheur. Le révolutionnaire qui s'inspire de la voie des prophètes n'est en aucun cas un exploitant dont la valeur s'estime en fonction des moyens de production qu'il s'approprie ou des richesses qu'il accumule aux dépens des autres. La réelle distinction provient des efforts qu'il déploie pour sa piété, non seulement par l'application de certains devoirs à caractère spirituel, tels la prière et le jeûne du mois de Ramadan, mais par ceux qui lui incombent d'agir au profit des autres pour assumer ses responsabilités en tant que représentant de Dieu sur terre :"Les plus aimés de Dieu sont ceux qui profitent le plus à ses sujets" rapporte une citation prophétique à ce propos. Structure générale de l'économie islamique Trois principes cardinaux: 1)La propriété diversifiée et délimitée: La structure générale de l'économie islamique se distingue du marxisme et du capitalisme par les diverses formes de propriétés qu'elle préconise simultanément. A la différence du capitalisme basé exclusivement sur la propriété privée et du marxisme fondé sur celle de l'état, l'Islam adopte trois sortes de propriétés simultanées :publique, privée et étatique. Un adage du prophète Mohammed rapporte :"Toute propriété sur terre revient à Dieu, l'Homme s'en charge pour le profit de tous les sujets de Dieu". Chaque forme de propriété correspond à la nature même de la ressource naturelle et à l'importance des éléments vitaux nécessaires à toutes les créatures de Dieu qu'elle contient. La propriété publique : Elle englobe les différentes sources comme l'eau, les pâturages, les forêts, les sources d'énergie provenant du soleil, du vent et de la terre.… Ces éléments appartiennent à l'ensemble des créatures de Dieu et sont par conséquent une propriété collective commune que l'on ne peut privatiser. La propriété de l'état : Elle comprend les terres cultivables et mortes qui ne sont appropriées que pour être exploitées. C'est le travail que dote l'exploitant du droit d'usage de la terre. En revanche, s'il cesse son activité, elle lui sera confisquée et accordée à autrui. L'Islam a permis la propriété privée en l'encadrant de certaines restrictions afin de la réduire en un moyen permettant de réaliser un but suprême, celui de représenter Dieu sur terre et d'assumer la responsabilité d'assouvir les besoins humains diversifiés. Cette forme de propriété n'est pas admise en Islam en tant que fin en soi qui exhorte à l'accumulation constante des biens . 2) La liberté économique délimitée : L'islam impose certaines limites à la liberté sans pour autant l'usurper comme ce fut le cas dans les régimes marxistes, ni la sacraliser comme c'est dans les régimes libéraux, capitalistes. Cette détermination peut soit être autodidacte, inspirée du contenu spirituel et dogmatique de l'Islam, elle s'intitule alors la réglementation subjective. Mais elle peut être imposée par une force externe qui définit le comportement social économique et le gère selon les prescriptions de la législation. La première semble plus perspicace que la seconde et ses conséquences se sont avérées trés constructives dans l'édification de la société musulmane. Son incidence garantissant l'esprit de bienfaisance dans la société en demeure encore bien tangible. Malgré les siècles qui séparent les musulmans de l'expérience prophétique idéale, nombreux sont ceux qui versent encore leur contribution financière (EL Zakkat) et manifestent de leur pleine volonté leur solidarité avec les frères qui souffrent du besoin en les assistant aussi bien secrètement qu'ostensiblement. L'expropriation des biens s'est avérée contraire à la nature humaine. La propriété fait partie des instincts de survie chez l'homme. Il est de sa nature de vouloir s'enrichir. En le privant de cette fin, ses motivations pour le travail seraient fortement atteintes. D'un autre côté, la liberté sans limite aboutit tôt ou tard à sa monopolisation dans les mains d'une petite minorité qui aurait parvenu à en profiter pour écarter les autres et s'emparer des diverses ressources de richesses. Cette forme de liberté est d'autant plus contraire à la nature humaine qu'elle paralyse ses efforts déployés pour subvenir aux besoins vitaux et détruit sa créativité. De nos jours, seul l'Américain peut jouir du statut "d'héritier de la terre" lui seul est chargé de faire preuve de créativité, de bénéficier des richesses de Dieu, de détruire ce que les autres édifient. Or, en Islam, toutes les restrictions dictées, qu'il s'agisse d'interdits prohibés ou de prescriptions licites et admises, servent les intérêts de l'individu et ceux de la société en général. Le Licite et l'illicite dans l'Islam : En réalité, l'Islam préconise le développement de la production à l'instar du capitalisme mais tout en le subordonnant à la distribution. Ce n'est certes pas une finalité en soi mais un moyen qui se doit de procurer aux individus et à la notion de prospérité, et de leur favoriser les conditions propices à leur épanouissement et à la concrétisation de leurs dons créatifs et charitables, leur permettant de la sorte d'assumer leur statut "d'héritier de Dieu sur terre". En s'affranchissant de cette responsabilité, cet héritage leur sera confisqué. "Il vous supprimera s'Il le veut puis Il vous remplacera par ce qu'Il voudra". (Anaam, 133) Dans ces conditions, il est inadmissible de concevoir un développement consacré au profit des étrangers, de leurs capitaux, de leurs spéculateurs et créanciers. Raison pour laquelle l'Islam a prohibé l'intérêt usuraire, considéré comme étant le premier obstacle au développement et à la prospérité économique : Sa pratique détourne les capitaux de la production réelle. C'est l'un des instruments les plus perspicaces pour s'emparer de l'argent des autres, de l'accumuler et de le faire profiter sans déployer aucun effort. L'alternative suggérée par l'Islam incite donc à investir ces fortunes dans des projets productifs, créant des emplois, et incitant à la croissance de la production dont les bénéfices profiteraient aux travailleurs et aux chômeurs démunis. Ces investissements productifs sont incontestablement plus sûrs pour leurs auteurs et leur épargneraient la perte de leurs capitaux due aux spéculations financières et aux faillites bancaires si courants de nos jours. L'islam, répudie également l'accumulation de l'argent car elle aboutit à la réduction de la masse monétaire dans le cycle de production et par conséquent à la diminution des offres d'emplois qui accélère l'appauvrissement. "Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent l'or et l'argent sans rien dépenser dans le chemin de Dieu" (taouba,34) Cette stricte interdiction est loin d'être symptomatique dans la législation islamique. Elle constitue l'une des caractéristiques qui la distinguent du capitalisme. Ce dernier incite à accumuler l'argent de par l'épargne, à côté de son rôle comme unité de valeur et lui consacre un certain taux d'intérêt tandis que l'Islam la réfute catégoriquement en lui imposant un impôt redevable (de l'ordre de 2,5% à 20%) une fois seulement (Azzakat). L'imam Assadeck, l'un des maîtres de la jurisprudence islamique cite :"Dieu vous a accordé ce surplus de biens pour le réinvestir là où Dieu le veut et non pour l'entasser". L'accumulation des biens aux mains d'individus présente un inconvénient économique indéniable : l'appauvrissement en masse. Les symptômes économiques qui s'en suivent réapparaissent inlassablement : la consommation freinée, les marchandises stockées faute d'être écoulées, l'industrie et le commerce frappés par la récession. Viendra ensuite le tour des faillites qui emporteront toutes activités économiques et paralyseront la production. Bien entendu, les famines deviennent dès lors fatales. Cette équation économique n'a jamais pu être écartée ou même disloquée : Diminution de la consommation = récession = arrêt de la production = faillite = accroissement de du chômage = famine. Par ailleurs, l'Islam prêche pour l'auto-suffisance et met en garde contre la dépendance économique, imposée actuellement à tous les peuples du monde. L'imam Ali a prévenu les musulmans contre une telle situation en leur disant : "Gare à une nation qui ne se nourrit pas de ce qu'elle cultive et qui ne s'habille pas de ce qu'elle confectionne." Grâce à ces prescriptions, les populations sont appelées à lutter contre la soumission à tout colonialisme dont l'alimentaire, entre autre est le plus pernicieux de tous. De plus, et à la différence de la société de consommation, l'argent, selon l'économie islamique doit être davantage investi dans la production que dans la consommation. Cette dernière serait financée par la production et non par le capital, profitant tout autant à l'individu qu'à la société. Ainsi l'accumulation des richesses ne peut qu'être le fruit du travail productif. D'autre part, l'environnement, thème mis à jour en fin de ce siècle, occupe une place non négligeable dans la législation islamique. Son exploitation excessive et sa destruction irrationnelle y sont franchement dénoncées. Une mise en garde bien claire figure dans le Coran qui cite : "La pourriture est apparue sur Terre et sur Mer par suite des actes accomplis par les mains des hommes afin que Dieu leur fasse goûter une partie de ce qu'ils ont fait, peut-être lui reviendront-ils." (El Roum, 41) Cette dépravation résulte entre autre de la pollution et des déchets de toutes sortes déversés dans la nature. C'est la vanité de l'homme et sa tyrannie qui en constituent les principaux auteurs. Ayant cru s'associer à la divinité, celui-ci n'a manifesté qu'indolence face à ses lois. La détérioration qu'il a provoquée n'est qu'un signe divin qui leur décèle les conséquences de leurs actions, peut-être s'abstiendraient-ils. La préservation de l'équilibre naturel et le respect de ses lois sont prescrits par l'Islam. Un verset coranique rapporte : "Quant à la Terre, Nous l'avons étendue, Nous y avons disposé des montagnes, Nous y avons fait croître toute chose avec mesure. Vous y trouverez vos aliments et pour ceux que vous ne nourrissez pas. Nous détenons les entrepôts de toute chose que Nous ne faisons envoyer que de mesure déterminée." (El Hajar, 19-20) Or, le régime libéral régi par une concurrence insatiable dans une course interminable à la fortune n'a fait que consumer et déséquilibrer la planète terrestre. Les tremblements de terre qui se succèdent, l'alternance des inondations et des sécheresses, les éboulements terrestres, montagneuses et de neige, les ouragans et les tempêtes ravagent le globe et dévoilent le déséquilibre dont il souffre et les désastres causés par cette liberté sans limite. Raison pour laquelle une règle de la jurisprudence islamique dicte :"Pas de nuisance ni de contrainte." Cela veut dire que la liberté se doit d'être délimitée à la lumière de l'intérêt social, voire même mondial. D'où la priorité de la propriété publique des ressources naturelles qui représentent en réalité des biens divins, et l'admission d'une propriété privée compatible avec l'intérêt général et garantissant l'application de la justice sociale si primordiale dans l'Islam... 3) La justice sociale : Elle se rapporte aux droits de tous les humains actifs ou inactifs, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, femmes ou hommes et qui ont certes le plein droit d'obtenir leur part de ces ressources naturelles créées par Dieu pour l'ensemble de ses créatures et de mener une vie respectable. Deux principes fondamentaux inspirent à la sécurité sociale en Islam : -La solidarité entre les individus. -Le droit collectif assumé par l'état qui se doit de procurer à tous des garanties sociales dont entre autre celle de l'emploi. Le premier fondement se rapporte donc aux individus. Deux prescriptions prophétiques s'y rattachent : "Vous êtes tous les guides de cette nation et responsables de ses sujets." "Il est dans vos biens un droit pour les mendiants et les déshérités." Tous ceux qui travaillent et exploitent les ressources de Dieu supportent une certaine responsabilité à l'égard des autres et sont par conséquent amenés à associer leurs contributions pour assouvir les besoins des nécessiteux en versant un tribut nommé en arabe azzakat et qui constitue davantage une obligation qu'un don facultatif ou un aumône charitable. Le deuxième fondement impute au dirigeant de la nation des impératifs à l'égard de tous les sujets. Le plus primordial étant de leur assurer tous les moyens d'une vie décente. Le droit au travail représente l'un d'eux : "L'imam est un guide et responsable de ses sujets." Le versement du tribut constitue un moyen qui garantit la complémentarité et la solidarité entre les individus de la nation, tandis que la distribution des terres non exploitées à ceux qui veulent le faire fait partie des atouts dont disposent le dirigeant. L'islam oblige donc ce dernier à offrir son assistance en puisant des propriétés de l'état, motivant de la sorte au travail et à la production et réalisant simultanément l'intérêt de l'individu et de la société. Cette solidarité était si recommandée que toute personne affamée jouissant dès lors d'un certain droit sur les biens de la société, comme s'ils n'appartenaient à personne : "Nul bien n'appartient à personne lorsqu'un être humain dort le ventre vide." L'état, ou celui qui le représente est donc dans l'obligation de fournir aux inactifs et à ceux qui sont dans l'incapacité de travailler leur part des ressources divines auxquelles ils ont droit en tant que créature de Dieu dont Il s'est chargé. Le messager de Dieu Mohammed a dit : "Les biens laissés par le défunt reviendront à ses héritiers, les démunis qu'il laissera seront en notre charge." Au cas où le représentant de l'état manquait à son devoir, les sujets seraient dans le droit de leur désobéir. Le deuxième calife Omar Ibn El Khattab a dit à ce propos : "Dieu nous a chargés de ses sujets afin de leur procurer de quoi se nourrir et de leur garantir leur sécurité. Si nous nous en abstenons, ils ne devront plus nous obéir". Ce droit n'est certes pas exclusivement aux musulmans : tout individu se trouvant sur la terre d'Islam en bénéficie. Même le bétail jouit d'un droit similaire. L'état doit assurer sa survie. La responsabilité du dirigeant ne se limite pas aux besoins vitaux mais elle s'étend aussi aux biens complémentaires suivant l'Imam Saddek : "Dieu sait très bien que la part du tribut infligée aux riches suffira à accomplir tous les besoins des pauvres, sinon il l'aurait augmentée". Grâce aux principes de la justice sociale, le sentiment de responsabilité mutuelle entre les musulmans s'est renforcé. Ils se sont mis à travailler et à reproduire tout en rivalisant par la charité, sans aucun arbitrage. C'est ainsi que la religion islamique était parvenue à concilier entre les motifs subjectifs et les intérêts sociaux alors que le marxisme eut recours à la force pour exproprier les moyens de production et que le capitalisme se trouve incapable de freiner les convoitises individuelles. Les plus fortunés essaient par divers moyens d'esquiver de verser leur tribut ou l'impôt qui leur est dû et qu'ils jugent être une perte non redevable : "Rien n'éternise et ne réjouit autant que l'argent." Tout ce que nous avons précédemment mentionné n'est certes pas une innovation. Ces thèmes ont longuement été élaborés par les spécialistes de la jurisprudence islamique. Or, une question me tracasse en tant qu'économiste. Pourquoi Dieu a-t-Il prescrit le prélèvement d'une part précise de l'argent et des biens des riches et l'a accordée aux plus pauvres, d'autant plus que cette part s'enregistre en tant que droit obligatoire et non d'un don ou d'une aumône facultative ? D'abord que signifie EL Zakkat ? Il est à rappeler que ce tribut prélevé des riches constitue l'une des sources qui alimentent la trésorerie des musulmans, et l'un des fondements de la sécurité sociale en Islam, aussi bien pour son impact social et humain que pour sa fonction économique. Il est estimé au 2,5% de l'argent épargné continuellement par an et s'estompe lorsque l'argent épargné est inférieur ou égal à vingt dinars suivant le pouvoir d'achat à cette époque. On doit également payer le cinquième de l'argent épargné et redevable une seule fois. Le verset ci-dessous précise les bénéficiaires : "Sachez que quelque soit le butin que vous prenez, son cinquième revient à Dieu, au prophète et à ses proches, aux orphelins, aux pauvres et au sans domicile fixe." (Al Anfal,41) Il est de plus garant contre tout déséquilibre économique et social comme le montre le verset suivant : "Afin que ce ne soit pas attribué aux riches d'entre vous." (Al Hachr, 7) Et comme c'est le cas aujourd'hui où les détenteurs du capital détiennent les rênes du pouvoir ou décident de la politique à suivre. Cette taxe empêche notamment la concentration de la fortune aux mains d'une minorité qui pourrait la bloquer à sa guise : il s'agit donc de réinvestir ces biens dans les cycles économiques. Parallèlement, l'Islam répugne l'oisiveté et la dépendance qui en découle et incite au travail, rappelant dans un verset coranique : "La main haute est meilleure que la main basse" c'est à dire que la main qui donne est meilleure que la main qui prend." Il insiste notamment sur l'acquisition du savoir jumelé à l'action "La connaissance et l'action sont deux jumelles" rappelle une citation prophétique. La première s'inspire de la seconde et cette dernière profite de la rigueur de la première : "Les savants sont censés être les successeurs des prophètes." Innombrables sont les acquis économiques réalisés par le biais de ce prélèvement, mais pour quelle raison fut-il proclamé droit pour les pauvres et non une aumône ? Trois versets coraniques pourraient à mon avis nous fournir une réponse adéquate : -"Il y a dans vos richesses un droit légitime aux mendiants et aux déshérités".(Al Zariat, 19) -"Dieu est celui qui a créé les cieux et la terre et fait descendre du ciel une eau grâce à laquelle il fit pousser des fruits pour votre subsistance. Il vous a soumis les fleuves. Il vous a soumis le soleil et la lune qui gravitent avec régularité. Il a mis à votre service la nuit et le jour. Il vous a donné tout ce que vous lui avez demandé. Si vous vouliez compter les biens de Dieu, vous ne les recenseriez point. L'homme est vraiment incrédule et ingrat." (Al Nour, 33) -"Donnez-leur de la fortune que Dieu vous a donnée". Ceci signifie que Dieu a créé tous ces êtres vivants sur terre, leur a créé ce dont ils ont besoin pour survivre. Tout ce qui se trouve sur terre et dans les cieux n'appartient qu'à Dieu : Il est de même consacré à tous ses sujets, sans exception. Celui qui y travaille ne fait qu'exploiter ces ressources de provenance divine. En s'en abstenant, il cesse de représenter Dieu sur ses biens. Quant aux plus démunis et aux plus misérables, à ceux qui sont dans l'incapacité d'exercer une activité rémunératrice satisfaisante, ils figurent parmi les sujets de Dieu, sont donc à sa charge et détiennent une part des ressources créées pour les humains. La contribution divine dans toute activité humaine d'exploitation ne nécessite pas de démonstration : c'est Lui qui a créé les sols propices à la culture, les matières organiques qui les nourrissent, l'eau qui les arrose, le soleil, l'air, le vent, tous indispensables au processus agricole depuis la semence et jusqu'à la moisson et la cueillette. Or, la distribution courante de la production est destinée aux propriétaires des terres, du capital et des moyens de production en général; la main d'œuvre, acteur principal, n'empoche qu'une rémunération dérisoire estimée en fonction du travail qu'elle procure. L'Islam, de ce côté, procède différemment : c'est au cultivateur, au travailleur effectif, que revient en premier lieu le droit à la distribution; les propriétaires seront quant à eux, rémunérés en fonction de la part de leur contribution. A savoir que cette règle s'applique de même à l'exploitation de ressources naturelles : agricole, minérale, pétrolière… Le tribut prélevé des uns et des autres, redevable à Dieu pour les ressources qu'il a créées et occupent une position importante dans le cycle de l'exploitation, doit être accordé aux pauvres et aux démunis. Ces derniers sont pris en charge de par leur droit d'obtenir, en tant que créatures de Dieu, la part redevable aux participations divines qui sont gigantesques et indispensables à chaque opération de création de richesses par l'homme. Depuis le XIX° siècle, les thèses de certains, valables jusqu'à nos jours étaient tout autre : "Seul l'idiot ignore sans doute que les classes inférieures doivent rester pauvres, sinon elles ne seraient jamais assidues". Au XIX° siècle aussi, Malthus avançait :"Celui qui est né dans un monde pris de possession, n'aura pas le droit à la nourriture tant qu'il n'aura pas trouvé les moyens de subsistance, par le biais de son travail ou celui de ses parents. Il serait sinon un parasite dans la société. Son existence serait inutile. Aucune place ne lui est réservée dans la nature. Celle-ci lui ordonne de partir." Or, mille ans auparavant, l'Islam s'était prononcé autrement :"La pauvreté et la misère ne sont pas innées (naturelles), elles sont dues à la mauvaise distribution et au mal en point des relations entre pauvres et riches"? L'Imam Ali avait alors dit :"Si les pauvres ont faim c'est à cause des agréments dont jouissent les riches". Cette prise de conscience n'a pas été dictée par la pratique d'une agriculture primitive ou d'une industrie manuelle, elle émane de la valeur morale que seul Dieu inculque à ses adeptes. Raison pour laquelle l'Islam a toujours été appréhendé et combattu. Or, c'est en appliquant ce système de la justice sociale à l'échelle mondiale que l'on parviendra à décimer la faim et la misère et à empêcher la mort qu'elles provoquent. Les entrepôts s'engorgent de produits alimentaires tandis que leurs accapareurs préfèrent pour éviter la chute de leur prix, les laisser pourrir ou les déverser en mer que de les distribuer à qui y a droit. La lutte contre la faim n'a besoin ni de conférences, ni de communiqués. Même avec les bonnes intentions comme ce fut le cas à la conférence du sommet mondial pour l'alimentation réuni en 1998, les squelettes humains rongés par la faim sont priés d'attendre jusqu'à l'an 2005 afin que leur moitié estimée à 800 millions de personnes soit nourrie! Jusqu'à cette date, leur nombre se serait multiplié même en supposant que la mort en ait dérobé une grande partie. Une dernière question s'impose : comment pouvoir à l'heure actuelle appliquer les prescriptions de la législation islamique sur la justice sociale, même dans les états musulmans, alors que la terre, présumée être une propriété de Dieu, appartient en mont et en aval aux sociétés multinationales qui détiennent les moyens de production, le capital et les bénéfices ? Comment ces pays pourraient-ils prélever une part de la production et l'accorder aux plus pauvres,et sans-emplois, alors que les autochtones et ceux qui y travaillent en sont privés et que les peuples sont désormais dépourvus du droit d'exploiter leurs terres ? Qui donc devra verser El Zakkat et le khoms ? Est-ce les multinationales qui payent à peine leurs employés et menacent sans cesse de délocaliser là où encore les salaires sont encore plus dérisoires ? Ou serait-ce les travailleurs, seuls traqués par les impôts alors qui mériteraient eux-mêmes EL Zakkat ? Certes la condition humaine traverse à l'état actuel une phase très critique. Elle est de surcroît menacée par le totalitarisme idéologique qui ne fait que nourrir des accusations arbitraires. Il suffirait de proclamer sa croyance en Dieu unique pour être traité de sectarisme et de terrorisme, de vouloir discuter avec rationalité pour être classé parmi les athées, de se référer à certaines épopées de l'histoire pour être qualifiés de rétrogrades, d'inciter à l'indépendance scientifique pour être accusé d'ignorance et d'introversion ou encore de vouloir recourir à la science et la connaissance mondiale pour être condamné de collaboration sournoise. Notre époque rejette hélas la différence et la spécificité. Elle ne favorise que les conflits et les haines, et ne promet que la famine, misère, mort et détresse. Comme le disait le grand Professeur Alain PARGUEZ : « Nous sommes dans un âge de l’obscurantisme, d’adoration d’une technique dévoratrice, âge de faux Dieux, de culte de l’argent et de plus bas plaisir ; cette divinité que les hommes créent pour même se perdent »…
Dr :NaïméSCHUMANN Consultantedel’UNESCO,Ecrivain Et ConférencièreInternationale ANNEX IBN KHALDOUN PROLEGOMENES A L’HISTOIRE UNIVERSELLE 1352 «La seule richesse est l’homme et le Prince juste est celui qui en fait le bonheur ». « La Science n’est légitime que si, à tous il assure les fruits légitimes de leur œuvre et les libère de le Servitude. Le bon Prince sait que tout est dans l’agriculture, et que seuls des paysans prospères .soutiennent le commerce ». Le bon Prince crée la richesse ,car, il dépense pour les paysans. Les paysans riches font la fortune des Artisans et des Marchands ». « Les Arabes ont oublié les Prophètes et les grands Khalifes…Ce sont à nouveau les sauterelles. Il prosternent devant l’Occident (déjà) qu’ils copient » « Le bon Prince sait qu’il doit dépenser pour le bien de tous et qu’il doit donner et non prendre ». « Les Arabes ont oublié le dit du Prophète : Crée ; Enrichi, Donne, ainsi tu marches vers Dieu ». L’argent, n’existe que pour faire fructifier ce que Dieu a créé…Qui a dit que le Prophète condamne la Science et l’a mise au service de l’homme ? » « Prier Dieu n’est pas seulement aller à Mekka, c’est toujours œuvrer pour es autres ». « Dieu veut la prospérité, mais il la veut égale »/ « Pour moi, Dieu est le seul propriétaire, il nous loue le Monde que nous devons protéger et se partager. » « Toute civilisation passe par plusieurs âges : Elle œuvre pour tirer partie du fonds donné par Dieu : Elle connaît la grandeur, l’avarice, le savant, le Prince devient tyran :elle mort… »
Traduit de l’Anglais par le Professeur Alain PARGUEZ Kansas City, le 15-10- 2000 |